Kyoto est une ville où il fait bon se balader par un doux après-midi d’automne. Alliant modernité et traditions japonaises, on y découvre différentes facettes de la vie actuelle au pays du Soleil levant. Le palais impérial impressionne par son immensité et son parc ombragé de pins parasols, les musées et autres châteaux relatent l’histoire de la ville, et, à chaque coin de rue, temples et sanctuaires shintoïstes font soudain leur apparition devant nous.
Parmi ces sanctuaires se trouve celui de Yasaka. Construit en 656 et rénové en 1664, il est aujourd’hui consacré au dieu de la mer (Susanoo). Sous son architecture typiquement japonaise moyenâgeuse, il accueille des milliers de visiteurs et fait l’objet d’un festival annuel, aujourd’hui nommé Gion Matsuri. C’est pourquoi il a fallu construire, tout près de ce sanctuaire, un endroit paisible, divertissant, culturel et reposant où ses visiteurs pouvaient faire halte en toute tranquillité. Ainsi est né le quartier de Gion.
Aujourd’hui, Gion est connu comme le quartier des Geishas. Malgré la chute du nombre de Geishas au cours du XXe siècle, le quartier reste célèbre pour ses divertissements traditionnels japonais (souvent réservés aux hommes). En se promenant le soir dans ce quartier éclairé de lanternes, il est toutefois possible, si l’on est patient, de rencontrer quelques Geishas…
Exemples de la femme parfaite selon la vision japonaise, les Geishas impressionnent par le raffinement de leur habit, leur allure délicate et la culture accumulée pendant leurs longues années en tant que Maiko (apprenties Geishas). La principale activité des Geishas étant de tenir compagnie - il fût un temps aux samouraïs, aujourd’hui aux hommes d’affaires – aux hommes de passages, elles font preuves d’une connaissance aigüe sur de nombreux sujets, en particulier celui des arts. Souvent, elles divertissent en dansant, en jonglant avec des éventails, ou encore en servant le thé en appliquant les règles de la célèbre cérémonie du thé.
Après la seconde guerre mondiale, les américains présents au Japon affichaient un désir incessant de rencontrer des Geishas. De nombreuses prostituées profitèrent de leur manque de connaissances sur ces « femmes des arts » pour se faire elles-mêmes passer pour des Geishas, créant alors la confusion dans l’esprit des occidentaux. Mais l’interdiction de la prostitution en 1957 établi une différence indiscutable entre Geishas et prostituées, qui ne fût plus jamais discutée par la suite.
Ces dernières années, on remarque un nouvel intérêt envers l’art des Geishas, et un accroissement du nombre de jeunes filles souhaitant devenir Maiko pour, un jour, ravir le cœur des visiteurs du quartier de Gion grâce à la maîtrise des arts traditionnels japonais, et une vertu de de l’esprit allant de pair avec une tenue exemplaire.
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